La tribune, Nantes City Lab

Article du 21 septembre 2018 de la Tribune sur La navette autonome dans le cadre du projet Nantes City Lab

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LACROIX ET LOGIROAD, EMBARQUES SUR UNE MEME NAVETTE

F R E D E R I C  T H U A L , A  N A N T E S


[NANTES CITY LAB] C’est l’un des enjeux du Nantes City Lab. Amener de grands groupes à
collaborer avec des startups ou inversement faire émerger de l’innovation d’usages. A
Nantes, le groupe Lacroix, spécialiste de la voirie intelligente et la startup Logiroad, éditeur
de logiciels pour la gestion des routes, se sont alliés pour concevoir les yeux et le cerveau
de la navette électrique autonome nantaise.
« Comme souvent en France, ça a démarré autour d’un bon repas avec EDF, la régie de transport
publics nantaise Semitan, le fabricant de véhicules électriques Navya, l’entreprise de travaux
publics Charrier, et la startup Logiroad (1) avec qui nous avions jusque-là de simples relations
commerciales »
, confie Stéphane Gervais, directeur de l’innovation stratégique du groupe Lacroix.
Jusqu’à ce que le sujet d’une navette autonome s’invite à table. «
Celles que l’on connaissait
fonctionnaient comme un train, qui circulait en boucle à intervalles réguliers. On a pensé à un
bouton d’appel pour influencer le trajet et la fréquence, mais l’info n’était pas très qualitative. Ce
qu’il fallait, c’était détecter, compter les piétons, les passagers, les vélos… Nous avions les
caméras, Logiroad, l’intelligence, les perspectives d’un marché audacieux et prometteur s’est
dessiné, alors on s’est rapproché
», raconte-t-il.
Créée en 2012, Logiroad,
spin-off issue du laboratoire des Ponts et Chaussées, est devenue en
quelques années un spécialiste de l’édition de logiciels pour la gestion des routes et la mesure des
trafics pour optimiser les travaux d’entretien. Des solutions vendues aux communes, aux ministères
ou aux États dans les pays émergents.

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FOCUS
« Or, la mesure de trafics routiers nous imposait de développer nos compétences en
traitement d’images. Et avec l’émergence de l’IA, on a complètement basculé et commencé à
utiliser ces algorithmes pour détecter des piétons, des vélos… et pour cela, on recherchait des
caméras. Lacroix en produisait – via sa filiale Neavia – et allait nous permettre de nous tirer à
l’export », explique Yann Goyat, fondateur de Logiroad.
L’antériorité sur ces marchés, la réactivité et la flexibilité de la startup ont convaincu Lacroix de les
associer dans l’aventure de la navette. «
Rapidement, Logiroad, a accepté de relever le défi de
mettre au point une solution inexistante sur le marché
», se félicite Stéphane Gervais. «Parmi les
trois premières innovations de la navette, deux sont directement dues aux travaux de Logiroad
»,
reconnaît-il.
Ainsi, le trajet s’effectue à la demande des passagers et le système de détection des piétons et des
vélos serait opérationnel.

[Francky Trichet, adjoint au maire de Nantes et conseiller métropolitain chargé de l’innovation et du
numérique.]

UN TRAJET DE PLUSIEURS KILOMÈTRES
Inaugurée sur 600 mètres à l’arrache en juin dernier pour des raisons politiques, la navette
autonome nantaise en aurait donc encore sous le pied.
Dans la perspective du deuxième trajet, cette fois sur plusieurs kilomètres, Logiroad enrichit son
algorithme pour le rendre le plus fiable possible, à savoir prévenir, en temps réel, des dangers qui
peuvent subvenir à un carrefour, voire influer sur les feux. «
On lui apprend à reconnaître un piéton,
de jour, de nuit, dans une aubette
[un abribus, ndlr], un cycliste, une voiture… L’objectif, c’est zéro
accident
», souligne Yann Goyat pour qui la démarche est un investissement qui lui évite de
déployer des efforts commerciaux ailleurs.

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FOCUS
« Le groupe nous porte dans ses valises. On se connecte à un groupe de 4.000 personnes et
à son réseau. On capte parfois des signaux faibles. Ça peut aboutir à deux ou trois rencontres,
à rien, ou à des partenariats. Nous étions déjà présents sur le marché du mobilier urbain, mais
ces technos sont difficiles à breveter seul face à des Chinois qui ne jouent pas le jeu. Alors, le
mieux est d’être les premiers avec un partenariat puissant », analyse le fondateur de la
startup.
Cette fois, les deux acteurs devraient déposer ensemble les brevets…
(1) Ils constituent le consortium qui pilote l’expérimentation sur la navette électrique autonome…
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Par Frédéric Thual,
correspondant pour
La Tribune à Nantes

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